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Dépôt de garantie non rendu : recours du locataire en 2026

Publié le 11 juin 2026 · 5 min de lecture

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Votre propriétaire ne vous rend pas le dépôt de garantie ? Délais légaux, retenues abusives, mise en demeure, Commission de conciliation, tribunal : le guide complet.

Le dépôt de garantie (couramment appelé "caution") représente en général 1 à 2 mois de loyer hors charges. Pour un loyer de 800 €, c'est 800 à 1 600 € que le propriétaire est légalement tenu de restituer dans des délais précis. Pourtant, des milliers de locataires se heurtent chaque année à des retenues injustifiées ou à un silence total du bailleur. Voici les règles et les recours.

Les règles légales de restitution

Le délai légal selon l'état des lieux

La loi du 6 juillet 1989 (article 22) fixe les délais de restitution du dépôt de garantie :

  • 1 mois à compter de la remise des clés si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée
  • 2 mois à compter de la remise des clés si l'état des lieux de sortie fait apparaître des différences par rapport à l'état des lieux d'entrée

Ces délais courent à partir du jour de la remise des clés, pas du départ effectif du logement.

Ce que le propriétaire peut retenir

Le propriétaire ne peut retenir tout ou partie du dépôt de garantie que pour couvrir des charges locatives restant dues et des sommes correspondant à des dégradations imputables au locataire, à l'exclusion de la vétusté normale du logement.

Les retenues doivent être justifiées par des devis ou factures pour les réparations, et par des relevés de charges pour les régularisations. Une simple liste de travaux sans devis ni facture ne suffit pas.

La vétusté ne peut jamais être déduite du dépôt de garantie. Si la moquette ou la peinture étaient déjà usées lors de l'entrée dans les lieux, leur remplacement est à la charge du propriétaire.

L'état des lieux : la pièce maîtresse

Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état (à l'avantage du locataire). Sans état des lieux de sortie contradictoire, le propriétaire ne peut pas justifier de dégradations postérieures à l'entrée du locataire.

Si le propriétaire a refusé de faire l'état des lieux de sortie ou l'a réalisé sans vous en avertir, signalez-le dans votre mise en demeure.

La majoration pour retard

Depuis la loi ALUR (2014), si le propriétaire ne restitue pas le dépôt de garantie dans le délai légal, la somme retenue produit des intérêts au taux légal en vigueur à partir du terme du délai jusqu'à la restitution effective (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).

En outre, si le manquement est caractérisé, le juge peut allouer des dommages et intérêts complémentaires.

La procédure de recours étape par étape

Étape 1 : la mise en demeure par lettre recommandée

Dès l'expiration du délai légal (1 ou 2 mois), envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception au propriétaire (ou à l'agence immobilière gestionnaire). La lettre doit :

  • Rappeler le montant du dépôt versé
  • Indiquer la date de remise des clés et le délai légal applicable
  • Demander la restitution dans un délai de 8 à 15 jours
  • Préciser que vous saisirez la commission de conciliation ou le tribunal en l'absence de réponse

Conservez une copie de la lettre et l'accusé de réception.

Étape 2 : la Commission Départementale de Conciliation (CDC)

Avant toute saisine du tribunal, il est obligatoire de passer par la Commission Départementale de Conciliation pour les litiges relatifs au dépôt de garantie (article 20 de la loi du 6 juillet 1989). Le tribunal est irrecevable sans cette tentative préalable.

La CDC est gratuite. Elle est saisie par lettre recommandée adressée à la CDC du département du logement. Elle convoque les deux parties et tente un accord amiable. Si l'accord n'est pas trouvé dans les 2 mois, un constat de désaccord est établi, qui vous permet de saisir le tribunal.

Étape 3 : le Tribunal Judiciaire (anciennement tribunal d'instance)

En cas d'échec de la conciliation, le litige est porté devant le Tribunal Judiciaire du lieu du logement. Pour des montants inférieurs à 5 000 €, la procédure simplifiée sans avocat est applicable (requête au greffe). Au-delà, une assignation est nécessaire.

Le juge peut condamner le propriétaire à restituer le dépôt, majorer du montant des intérêts de retard, et allouer des dommages et intérêts si le comportement du bailleur est abusif. Dans les cas manifestes de mauvaise foi, le juge peut allouer une amende civile.

Étape 4 : le juge des contentieux de la protection (JCP)

Depuis la réforme judiciaire de 2020, c'est le juge des contentieux de la protection (JCP) au sein du Tribunal Judiciaire qui traite les litiges locatifs courants, y compris les litiges liés au dépôt de garantie. Inutile de chercher un "tribunal d'instance" distinct : le guichet unique du Tribunal Judiciaire oriente vers le bon service.

Les erreurs à éviter

Ne pas faire l'état des lieux de sortie avec le propriétaire. Si vous quittez le logement sans état des lieux contradictoire, le propriétaire peut prétendre à des dégradations impossibles à contester. Exigez la présence du propriétaire ou de son mandataire.

Photographier insuffisamment. À l'entrée et à la sortie, prenez des photos horodatées de chaque pièce, de chaque équipement, de chaque défaut existant. Ces photos peuvent être décisives.

Attendre trop longtemps. Le délai de prescription pour réclamer le dépôt de garantie est de 3 ans à compter de la date à laquelle la restitution aurait dû intervenir. Agir rapidement renforce votre dossier.

Accepter des retenues sans justification. Si le propriétaire fournit une liste de travaux sans devis ni facture, contestez-la explicitement par écrit. Une retenue non justifiée est une retenue abusive.

Ce que peut faire RH Consulting pour vous

RH Consulting analyse votre situation, vérifie si les retenues opérées sont légalement justifiées, prépare la mise en demeure et vous accompagne dans la saisine de la Commission de Conciliation et, si nécessaire, du tribunal.

Ce contenu est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation est unique : consultez un professionnel avant toute décision.

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